Evil Twin : les Chroniques de Cyprien
lundi 18 décembre 2006
It's Halloween
L'univers surréaliste entremêlant poésie et macabre de Tim Burton a marqué un certain nom d'artistes de notre époque. Que ce soit en musique avec le clip musical d'Emilie Simon : "Flowers" ou encore avec le jeu "Medievil" sur PSX. Les créateurs d'Evil Twin font donc parti de cette génération influencé par le génie aux mains d'argent. Mais là où il n'y aurait pu y avoir qu'une repompe sans saveur, In Utero réussi à imposer son propre style, malsain et tortueux, poétique et mélancolique.
La folie ordinaire
La ressemblance entre les deux univers ne se limite pas aux pulls rayés, Cyprien, qui est le héros du jeu, possédant un certain nombre de points communs avec Vincent Mallow, personnage principal du premier court métrage de Burton : "Vincent". Tout deux tentent de fuir le monde auquel ils appartiennent, comme tout les enfants, ils se façonnent un monde à leur envies. Ces deux introvertis prennent donc refuge dans la peau de leur idole : Vincent Pride, scientifique diabolique, pour l'un et SuperCyp', le super-héros masqué pour l'autre. Alors que le premier n'hésite pas à statufier sa tante par pur fétichisme, l'autre rêve de destruction total. Et petit à petit ils perdent le sens des réalités.
Mais là où Vincent tentait de fuir un wonderland aseptisé, Cyprien lui ressasse son passé : ses parents étant morts le jour de sont anniversaire, il se retrouve désormais dans un orphelinat sordide, irréel, monstrueux qui ferait passer celui d'Oliver Twist pour une auberge de jeunesse. La triste vide de Cyprien semble scellé. Cependant tout est bousculé le jour de son anniversaire, alors âgé d'une douzaine d'années, il entre dans une colère noire et sans le vouloir provoque la disparition de ses amis, sa fiction a prit pas sur la réalité. Il doit pour les sauver pénétrer au plus profond de son monde et affronter toute sa noirceur accumulée au cours de ses années de renfermement.
Ce qui est fascinant dans Evil Twin, ce sont ses personnages secondaires, In Utero brise les conventions et offre un panel de protagonistes aux caractères et physiques atypiques. Difficiles à cerner, et par conséquent agréablement imprévisibles. Quand au monde de T'soulli, il est glauque, nihiliste et pesant. Il faut se battre pour ne pas perdre espoir. Mais chaque île (le jeu étant divisé en huit îles) offre son lot de surprises esthétiques. pas une ne ressemble à l'autre (pas de recyclage des textures), mais le tout reste parfaitement cohérent et incroyablement envoûtant.
French Touch ?
In Utero est sans aucun doute un représentant de la french touch. Mais si, vous savez, ce concept qui consiste à tout mettre dans l'univers et rien dans le gameplay à cause des budgets français très serrés à imputer en partie aux ministres de la culture qui ne portent aucun intérêt sur le secteur. La fin des années 90 a d'ailleurs été une hécatombe chez les studios français. Ainsi Evil Twin n'échappe pas à la tradition : bugs graphiques, mauvais placements de caméras, problèmes de collisions et de sauvegardes en tout genre. A voir la version Dreamcast censé être débuggée, j'ai eu mal pour les joueurs PC, et encore plus pour les développeurs contraint de livrer un jeu en chantier.
Attachant, vraiment
Mais une fois ces quelques déconvenues franchies, le jeu absorbe complètement son joueur. Car ici le scénario n'est pas un prétexte comme dans de nombreux jeux de plate-forme, il est un véritable moteur de progression. Les dialogues loufoques des personnages et situations atypiques sont des friandises. On en redemande toujours. T'soulli regorge de communautés étranges qui ne demandent qu'à être explorées.
Pour cela, le jeu se présente en majorité comme de la plate-forme pure, bien académique. Avec ses plates-formes mouvantes, ses progressions à la verticale etc. Terrain connu peut être, mais quand c'est bien fait, il n'y a pas de raison de s'en plaindre. Et justement Evil Twin est un jeu bien fait, au scénario et à l'univers béton, au level-design soigné (bien qu'entaché de quelques problèmes de caméras blablabla - 3D toussa toussa ...) et à fort potentiel additif . Que demander de plus ?
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