Les chroniques de Riddick regroupent actuellement deux films, un dessin-animé et un jeu-vidéo, sujet de ce papier. Mais avant de rentrer directement dans le vif du sujet, un tour d'horizon de l'univers de Riddick pourrait s'avérer utile aux joueurs qui voudraient profiter pleinement du jeu. Car celui-ci n'est pas l'adaptation de l'un des films, mais un épisode de l'épopée de Riddick qui complète l'univers du personnage. A la manière de ce qu'était Enter the Matrix pour Matrix en somme.
L'univers de science-fiction développé par David Twohy, réalisateur des différents films, tourne autour d'un même personnage : Richard B.Riddick et d'un thème récurrent : le milieu carcéral. Car Riddick est un tueur, égoïste, capable de tout pour répondre à son instinct de survie. Si dans le fond, David Twohy n'innove pas dans les composantes (Alien, Star Wars, Stargate etc.), c'est la manière dont il a mis en scène dans Pitch Black, film introducteur, qu'il a trouvé son publique.
Pitch Black
Film de science-fiction, au budget moyen de 20 millions de dollars (!), Pitch Black s'apparente plus au film d'horreur qu'au Space-Opéra traditionnel. Il raconte l'histoire de John, chasseur de prime, qui à -une fois de plus- remit la main sur son rival, le dangereux tueur Riddick, connu de toute les instances pénitentiaires de la galaxie. Alors qu'il le ramène en prison via un charter intergalactique, une pluie de météorites s'abat sur l'engin qui s'écrase sur une planète désertique, dénuée aux premiers abords de toute trace de vie. Seul une dizaine de passagers hétéroclites survivent au crash. A la manière du film Cube, il vont devoir composer ensemble, un plan de sauvetage. Face à l'inquiétude d'un hypothétique futur sans lendemain, s'ajoute la menace de Riddick, parvenu à s'échapper de ses chaînes au moment du crash.
Cette première partie introduits les différents protagonistes que l'on retrouvera -pour les plus chanceux- dans Chronicles of Riddick. L'action se déroule sous la lumière écrasante de trois soleils qui irradient la planète. Deux rouges et un bleu. Le réalisateur en profite pour se lâcher sur la photo, tantôt ocre, tantôt bleuté, mais toujours surexposée (le film a été tournée en Australie).
Puis le film effectue un visage à 180°, c'est le noir total. Avantage pour notre héros capable de voir dans le noir total -mais vulnérable à la lumière du jour, d'où le port permanent de ses lunettes de soleil- qui va se réveiller : "C'est le noir qui a peur de moi". Cette seconde partie se déroule en mode survival-horror d'où seul trois personnages survivront.
Bien mené, l'originalité de Pitch Black vient de son ambiance jouant sur les ombres et lumières. Car même en plein soleil, la planète désertique se montre hostile, effrayante. C'est également le film qui a révélé Vin Diesel, dont l'image de Riddick ne le quittera plus.
Chronicles of Riddick
Donnez 100 millions de dollars à un réalisateurs de série B et voilà le résultat. Le problème avec tant d'argent, c'est que l'on ne peut se permettre la moindre erreur. Une telle pression implique de diminuer les risques aux maximum, quitte à travestir son ?uvre pour toucher le plus de monde possible. C'est sans doute ce qu'à du vivre réalisateur de Pitch Black, qui s'est vu aux commande de la construction d'un gigantesque blockbuster.
Le film se déroule cinq ans après les événements Pitch Black. Riddick qui se cachait sur une planète glaciaire est prit en chasse par un chasseur de prime. Quelques péripéties plus tard, on découvre qu'un empire répondant au nom des Nécromanciens tente de faire main mise sur tout l'univers, dont la Nouvelle Mecque - Hélion premier- planète où s'est réfugié l'Imam, l'un des survivants de Pitch Black.
Du film de science fiction horrifique, on passe à un péplum intergalactique jouant la carte des effets spéciaux à tout va. L'auteur nous peint un empire kitsch au possible tout droit sortit du mauvais Stargate. Rebutant aux premiers abords, le film nous ramène néanmoins aux premiers amours de Riddick : la prison, nommée ici Crématoria qui sera l'occasion de retrouver Jack.
Escape from Butcher Bay
Le jeu vidéo et le cinéma ont toujours eu des rapports difficiles. Que ce soit dans un sens ou dans l'autre, les adaptations se sont à chaque fois révélées médiocres. Depuis la grande époque de Disney sur Megadrive, les jeux issus de film provoquent déceptions et frustrations. Le sommet ayant été atteint lors de l'adaptation des films Matrix dans Enter the Matrix. La présence des frères Wachowski dans le développement du jeu avait considérablement augmenter le buzz autour du jeu, et la douche s'en était trouvée que plus froide. On peut alors comprendre que l'actualité du développement d'Escape from Butcher Bay fut mis à l'écart par les journalistes. " A quoi bon espérer ?" Mais le jeu prit tout le monde par surprise.
L'histoire prend place quelques années avant Pitch Black. Le jeu du chat et de la souris auquel se prête John et Riddick une fois de plus, conduit ce dernier à la prison de haute sécurité (!) Butcher Bay. Introduit sans fioritures, l'objectif est simple : vous échapper. A ce fil conducteur extrêmement dépouillé va se joindre toute une série de rebondissements plus clichés les uns que les autres. Mais qu'importe au fond, car c'est l'univers de Riddick qui va vous happer le temps d'une re-visite de la Grande évasion. Butcher Bay est une prison gigantesque, le poids de son architecture est écrasante. Un nombre incalculable d'étages, couloirs, conduits d'aération, sous-sols et mines qui communiquent entre eux. Le jeu nous invite à nous perdre, quoi de mieux pour augmenter la tension du joueur sachant qu'il n'est en général équipé -au mieux- d'un tournevis -au pire- de ses simples mains. Mais quel mains ! A ce propos les développeurs ont développé tout une technique du combat au corps à corps permettant le classique brise-nuque (avec une variation bruyante -sisi!-), mais également des combos ou des techniques de mort subite remarquablement animées. Ce travail de recherche se retrouve dans tout les éléments du jeu. Escape from Butcher Bay impressionne, techniquement déjà avec des effets de bump mapping [1] à foison, une modélisation complexe des personnages, un soucis du détail permanent, mais également pour son esthétisme. Le jeu dégage une ambiance, voir des ambiances captivantes. Car Butcher Bay offre une visite aux tonalités variées, de la prison immonde aux quartiers luxueux des dirigeants en passant par des zones ultra high-tech rappelant P.N.Ø3.
John
A propos de Starbreeze ...
Avec Escape from Butcher Bay, Starbreez n'en est pas à son coup d'essai. Ils sont les développeurs d'Enclave, également disponible sur XBOX, qui a récolté un joli succès auprès des critiques. De plus, parmi les membres qui composent l'équipe, on trouve des anciens de Triton, un groupe de démo sévissant sur Amiga puis PC à qui l'on doit Into the Shadows, une démo technologique de 1995 qui gérait les ombres bien mieux que n'importe quel jeu en son temps..