Dreamfall : the Longest Journey
vendredi 29 juin 2007
Dreamfall, la suite de The Longest Journey (00, Windows), fut présenté par Funcom, son développeur, comme une tentative de redonner un coup de jeune à un genre aussi moribond que le pur jeu d'aventure. Pour y arriver, les développeurs ont considérablement développé l?intrigue au détriment du gameplay afin de toucher un plus large public. A la vue des différentes critiques élogieuses sur le net, je me suis laissé tenté par l?aventure. Maintenant que j?ai achevé le titre, je soupçonne que la plupart des personnes n?aient jamais touché au jeu, ou l?ai simplement survolé. Car Dreamfall se révèle médiocre à plus d?un titre. Désolé de ne pas avoir ménagé le suspense.
?Je m'appelle Zoë Castillo. Je ne suis pas aussi pâle d'habitude, mais c'est ce qui arrive quand on est dans le coma.?
C'est par, entre autre, ces quelques phrases que débute l?histoire. A ce moment j?étais plutôt confiant. Bien doublé, joliment mis en scène, original, l?introduction déborde de qualités capables d?accrocher le joueur. Malheureusement, avec le recul, il s?agit de l?une des rares scène soignées du jeu. Mais peut-on encore qualifier Dreamfall de jeu ? Film interactif serait plus approprié tant le gameplay est pauvre. Dans un soucis, légitime, de rendre le jeu plus accessible, Funcom à un peu forcé la dose sur la simplification du genre. D?abord l?univers n?est qu?un long, mais joli couloir. Les rares embûches -comprenez énigmes- se résolvent assez rapidement. Chaque objet à en général une fonction immédiate, et les combinaisons grossière. On est à l'extrême opposé d?un Runaway 2 (06, Windows) par exemple. Votre matière grise ne sera pas vraiment sollicitée. D?autant plus que le jeu se débarrasse carrément des énigmes à mi-parcours, et réduisant le joueur à n?accomplir que d?incessants aller-retour pour remplir des commissions et débloquer la prochaine cinématique. Cinématiques qui ont un rôle prépondérant dans Dreamfall. Sur les 20/25 heures que durent l?aventure, une quinzaine n?est que dialogues. Autre élément fâcheux : la pauvreté de la mise en scène qui se résume à une succession de champs-contrechamps : soporifique au possible, ils déversent largement l?action. C?était sans compter la modélisation hasardeuse des personnages et le manque de punch des doubleurs. Plein de petits défauts regrettables pour un jeu qui mise tout son intérêt sur sa trame. Les émotions sont annihilées et le joueur s'ennuie ferme. Ennui imputable également à un scénario convenu, cumulant les clichés hasardeux, inhérents au genre. Jusqu?à la scène finale, risible au possible, néanmoins bien réalisée, qui aboutie à un cliffhanger multiple. Je m?étonne vraiment que tant de sites aient salué le scénario de Dreamfall.
Un paysage magnifique que vous n'explorez que sur une centaine de mètres.
Que reste t?il pour notre pauvre Dreamfall ? Une bande-originale de haute volée, et quelques beaux environnements qui soutiennent à eux seuls la lourde trame du jeu. Si j?étais cynique, je dirais que le meilleur du jeu se trouve dans sa bande-annonce. Titre moyen, certainement pas la digne suite de The Longest Journey et surestimé. Cependant, si vous avez un peu de temps libre devant vous, que vous ne craignez pas les dialogues éculés, maladroits et artificiels, donnez lui une chance, juste une.