Dreamfall : the Longest Journey

Dreamfall, la suite de The Longest Journey (00, Windows), fut présenté par Funcom, son développeur, comme une tentative de redonner un coup de jeune à un genre aussi moribond que le pur jeu d'aventure. Pour y arriver, les développeurs ont considérablement développé l?intrigue au détriment du gameplay afin de toucher un plus large public. A la vue des différentes critiques élogieuses sur le net, je me suis laissé tenté par l?aventure. Maintenant que j?ai achevé le titre, je soupçonne que la plupart des personnes n?aient jamais touché au jeu, ou l?ai simplement survolé. Car Dreamfall se révèle médiocre à plus d?un titre. Désolé de ne pas avoir ménagé le suspense.

Dreamfall - Zoë Castillo

?Je m'appelle Zoë Castillo. Je ne suis pas aussi pâle d'habitude, mais c'est ce qui arrive quand on est dans le coma.?

C'est par, entre autre, ces quelques phrases que débute l?histoire. A ce moment j?étais plutôt confiant. Bien doublé, joliment mis en scène, original, l?introduction déborde de qualités capables d?accrocher le joueur. Malheureusement, avec le recul, il s?agit de l?une des rares scène soignées du jeu. Mais peut-on encore qualifier Dreamfall de jeu ? Film interactif serait plus approprié tant le gameplay est pauvre. Dans un soucis, légitime, de rendre le jeu plus accessible, Funcom à un peu forcé la dose sur la simplification du genre. D?abord l?univers n?est qu?un long, mais joli couloir. Les rares embûches -comprenez énigmes- se résolvent assez rapidement. Chaque objet à en général une fonction immédiate, et les combinaisons grossière. On est à l'extrême opposé d?un Runaway 2 (06, Windows) par exemple. Votre matière grise ne sera pas vraiment sollicitée. D?autant plus que le jeu se débarrasse carrément des énigmes à mi-parcours, et réduisant le joueur à n?accomplir que d?incessants aller-retour pour remplir des commissions et débloquer la prochaine cinématique. Cinématiques qui ont un rôle prépondérant dans Dreamfall. Sur les 20/25 heures que durent l?aventure, une quinzaine n?est que dialogues. Autre élément fâcheux : la pauvreté de la mise en scène qui se résume à une succession de champs-contrechamps : soporifique au possible, ils déversent largement l?action. C?était sans compter la modélisation hasardeuse des personnages et le manque de punch des doubleurs. Plein de petits défauts regrettables pour un jeu qui mise tout son intérêt sur sa trame. Les émotions sont annihilées et le joueur s'ennuie ferme. Ennui imputable également à un scénario convenu, cumulant les clichés hasardeux, inhérents au genre. Jusqu?à la scène finale, risible au possible, néanmoins bien réalisée, qui aboutie à un cliffhanger multiple. Je m?étonne vraiment que tant de sites aient salué le scénario de Dreamfall.

Un paysage magnifique que vous n'explorez que sur une centaine de mètres.

Que reste t?il pour notre pauvre Dreamfall ? Une bande-originale de haute volée, et quelques beaux environnements qui soutiennent à eux seuls la lourde trame du jeu. Si j?étais cynique, je dirais que le meilleur du jeu se trouve dans sa bande-annonce. Titre moyen, certainement pas la digne suite de The Longest Journey et surestimé. Cependant, si vous avez un peu de temps libre devant vous, que vous ne craignez pas les dialogues éculés, maladroits et artificiels, donnez lui une chance, juste une.

alt : Extrait de Dreamfall.

Etat de la presse papier spécialisée française.

Internet à fait beaucoup de mal à la presse papier. Pour la première fois les gens pouvaient accéder gratuitement à de la merde. Si les arbres ont soufflés, les éditorialistes durent se remettre en question pour survivre. Enfin, ils auraient dû, car jamais la presse papier n'évolua. Pire, les torchons se multiplièrent grâce à un nouveau groupe, FJM, dont le logo annonciateur ressemblait étrangement à celui d'une certaines chaîne musicale. Celui-ci satura le marché de la presse vidéoludique avant de s'écrouler, étouffer par ses propres immondices. Depuis le rayon jeux vidéo s'est bien dégarni. Occasion pour redécouvrir certains titres que j'avais abandonnés comme Joypad qui s'était dégradé après être passé dans le giron de l'autre magna (mafia?) de la presse : Future. Je me suis donc ruiné ce moi-ci en magazines papiers pour un rapide état des lieux.

Joypad Jeux Vidéo Mag Juin 2007

Joypad. Ancien fleuron de la presse vidéoludique, Joypad a connu depuis son rachat par Future une décente aux enfers économique et critique. depuis la nouvelle équipe essaye de trouver sa voix pour tenter de renouer avec une gloire passée. Depuis quelques mois le magazine s'adonnait à une étude de marché en offrant un extrait du magazine Edge en supplément. Edge est un magazine anglais de renommée internationale, connu pour sa rigueur, son professionnalisme et ses analyses poussées. Un bon modèle donc pour Joypad et un espoir de voir un magazine adulte traitant du jeux vidéo en France pour les joueurs. Ce mois-ci donc, gros changements dans la ligne éditoriale de Joypad, la nouvelle formule annoncée depuis des mois est enfin là. Quoi de neuf ? La première impression est plutôt bonne, malgré le choc du nouveau logo, reprenant carrément la typographie d'Edge et annonçant toute de suite la couleur. Même topo pour la composition de la couverture, très pro, très sérieuse. Malheureusement, une fois ouvert, c'est la douche tiède. La nouvelle maquette complètement bordélique tranche radicalement avec la couverture. WTF ? Le magazine a également perdu plusieurs dizaines de pages, et la nouvelle répartitions des rubriques laisse dubitatif quand à l'orientation du magazine. Le gros du magazine est en effet consacré à l'actualité, puis aux dossiers et enfin aux critiques. Ces dernières restent le vrai point faible du magazine. Rachitiques et superficielles, elles n'apprennent finalement pas grand chose sur les jeux. Chronic'Art se débrouille bien mieux dans les critiques concises. Les dossiers sont eux vraiment intéressant (j'englobe le supplément Edge là) : The Club, The Crossing, GT5 ... Malheureusement le mérite revient aux rédacteurs étrangers, puisqu'il s'agit ici de traductions. Mieux que rien certes. Quand aux prix, il redevient enfin intéressant pour le contenu proposé. Si il se maintient, et si les rédacteurs apportent plus soin aux critiques, alors Joypad redeviendra peut-être un magazine tentant. Courage.

Jeux Vidéo Magazine. Le plus important en terme de vente, JVM étonne par sa constance. Toujours aussi léger, surprenant (15/20 pour la sombre bouse Diner Dash sur DS) et définitivement superficiel. Replay value de zéro, JVM est un peu le 20 minute du jeux vidéo.