No More Heroes

No More Heroes

boxart

Pourquoi vous parler de No More Heroes plus d'un an après sa sortie ? Parce que je vous connais : à l'époque vous ne l'avez pas acheté, puis vous n'avez rien retenu de ce qu'on a dit à son sujet, et vous avez fini par tout simplement oublier son existence. J'ai pas raison hein ? Je vais donc vous rappeler pourquoi tout possesseur de Wii de bon goût (bien évidemment que ça existe, sinon je t'apelle comment, pigeon ?) doit se procurer ce jeu au plus vite.

GTA l'ANPE

Et je ne vais pas vous faire le coup de l'achat responsable cette fois-ci, on sait désormais que Suda 51 a fait rentrer les biffetons et les a réinvestis dans une suite [1], qu'on espère épique et AAA à souhait. Car c'est là le problème qui collait à la peau de NMH : son manque de budget qui grévait quelque peu ses ambitions, transformant Santa Destroy en un no man's land vaguement moche, à mille lieues d'un patelin digne d'un GTA, qu'on croirait pourtant être le modèle spirituel de NMH. Seulement, GTA n'est pas vraiment le modèle de NMH, et même que le créateur du jeu il a avoué que c'était pas top toute cette partie dans la ville [2]. Point de "sandboxing" donc, le déroulement de No More Heroes est bien plus linéaire qu'iil n'y parait, et d'ailleurs la notice même du jeu le résume en huit points quasi-invariables. En bon apprenti juriste, je vais faire encore plus fort et vous résumer le bousin en deux étapes à répéter autant de fois qu'il y a de boss dans le jeu (10 quand même) :

- vous faites un "donjon", lequel sera principalement une variation sur le thème du couloir linéaire, peuplé d'ennemis totalement interchangeables voire identiques, et au terme duquel vous attend un boss bien barré.

- puis vous devez raquer du fric pour débloquer le "donjon" suivant.

Et vous avez trois façons de raquer du fric : aller au Pôle Emploi effectuer des tâches aussi passionnantes que dans votre vraie vie de chômeur, sous les sarcasmes de votre (unique) employeur ; aller au Pôle Emploi du Meurtre, lequel vous permettra d'engranger en tuant des ennemis encore une fois interchangeables dans un espace clos et sous une ou deux contraintes pas franchement imaginatives ; faire les "missions assassinat", lesquelles sont les mêmes missions qu'au Pôle Emploi du Meutre, mais genre avec un seul point de vie dans votre jauge. Tout ceci n'a t'il pas l'air extrêmement chiant ? Eh ben ça l'est nettement moins en y jouant.

En effet, vous vous en seriez douté, dans NMH le fond rattrape la forme. Euh non, je veux dire, c'est le fond du gameplay nerveux et bourrin qui rattrape la forme bancale. Attendez, c'est pas ça : en fait c'est la forme qui est à la fois géniale et inaboutie, et le fond très jouissif mais qui souffre de couacs qui mettent le rhythme à mal. Ou alors...

Oh puis merde : dites vous simplement que le swordfight, le coeur du gameplay de NMH, est exactement comme tout le monde l'a déjà décrit l'an dernier : très bon. Que pour raquer du fric, comme je vous l'exposais plus haut, y'a l'option du swordfight ; en gros, si vous vous y prenez bien, vous pourrez faire l'essentiel du jeu rien qu'en sabrant comme dans un bon beat'em up à l'ancienne. Il faudra passer néanmoins par les missions ANPE, mais qui sait ? vous pourriez comme certains y prendre goût, non seulement parce qu'elle ne sont pas si chiantes que ça (tondre la pelouse est-il une activité ludique en soi ?) mais en plus parce qu'elles sont aussi un élément du propos.Car oui, tenez-vous bien, NMH a un propos !

Y'a plusieurs façons d'élaborer une narration marquante en jeu vidéo. Le moyen le plus efficace à ce jour reste d'interpeller directement le joueur et de le faire revenir sur tout ce que le jeu l'a incité à faire ; une technique très efficace pour avoir le beurre (une bonne histoire) et l'argent du beurre (un lien ténu avec le reste du jeu). Entre autres amateurs reconnus de ce genre de pirouettes, on a Hideo Kojima (finissez Metal Gear Solid 2 si vous voyez pas de quoi je parle)... et Gochi Suda, alias Suda 51, tête pensante du studio Grasshopper Manufacture, responsables de killer7. Ceux-là même à qui on doit No More Heroes ! Ces gens-là n'ont tout de même pas volé leur réputation. Et cessons de dire que la satire dans NMH n'est qu'un délire de snobs - d'autres vous l'expliqueront bien mieux que moi.

J'ajouterai seulement, pour compléter le propos, qu'il faut bien reconnaître que les persos sont assez lunatiques, que de gros "plot holes" semblent se former sous vos pas et vous laissent frustrés pendant une bonne partie du jeu, bref que le scénar se barre dans tous les sens et ce sans la moindre honte, puisqu'à la fin du jeu tout est censé retomber sur ses pieds. Personellement, j'interprèterais cela comme une gestion intelligente des contraites de budget et de temps auquels les développeurs ont dû faire face. Ou alors c'est du foutage de gueule : si vous voulez, mais tout de même, c'est pas comme si le reste (les menus diront les mauvaises langues ; mais y'a aussi la musique, les éclairs d'intelligence du script, le character design, les clins d'oeil en pagaille, les super T-shirts à collecter, et quelques surprises...) ne faisait pas preuve d'un réel talent chez Grasshopper pour enrober d'une ambiance culottée leur gameplay, lequel est pour le coup et je me répète, franchement efficace.

En bref, avec No More Heroes, vous aimerez défourrailler au sabre laser et passerez outre les allers-retours entre les niveaux pour voir progresser une histoire certes ardue à suivre mais néanmoins hors du commun, le tout dans un cadre toujours plus classieux que chez les voisins, particulièrement sur Wii (quoiqu'avec MadWorld, la donne ait peut-être changé, nous en reparlerons ici). Aujourd'hui disponible à un tarif très correct, NMH n'attend plus que vos mimines de casual en mal d'action, un besoin qui se fait toujours aussi cruellement setnir sur la console de Nintendo, même en 2009. En attendant la suite qui, on l'espère très fort, colmatera toutes les brèches du premier, voué à devenir culte.

Hell Pé

En effet, vous vous en seriez douté, dans No More Heroes le fond rattrape la forme. Euh non, je veux dire, c'est le fond du gameplay nerveux et bourrin qui rattrape la forme bancale. Attendez, c'est pas ça : en fait c'est la forme qui est à la fois géniale et inaboutie, et le fond très jouissif mais qui souffre de couacs qui mettent le rhythme à mal. Ou alors...

notes


annexes


sommaire

© 2009 - wii-tonic.net