Wii-Tonic

mardi, 3 janvier 2012

La seule liste sur tout l'internet des jeux Wii les plus attendus de 2012

En tout cas j’ai regardé vite fait la page 1 des résultats Google pour “most wanted wii games of 2012” et j’ai rien trouvé de tel, donc et jusqu’à preuve du contraire, cette liste est une Exclu Tonic !!! Vous allez aisément comprendre pourquoi, je vais meubler du mieux que je peux, mais ça va aller très vite :

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  • The Last Story (Mistwalker/Nintendo, 24 février) : l’autre JRPG de la Wii qui, pour une raison invraisemblable, sera localisé en Europe sans passer par les States. Voyez-vous, non seulement je n’ai pas joué à Xenoblade Chronicles, mais en plus j’ai échoué à terminer Final Fantasy VI (comme le VII avant lui). Alors à moins que Wii Tonic ne se dégote un nouveau chroniqueur, vous n’en entendrez probablement jamais parler ici.
  • Mario Party 9 (Nd Cube/Nintendo, courant mars - le 11 aux US) : lui par contre, je pourrais éventuellement vous en parler. Je suis un grand amateur des Mario Party période N64 ; j’ai esquivé les épisodes GC et snobé le 8 sur lequel on avait lu le plus grand mal. J’ai essayé de me mettre à Wii Party (co-développé avec Nd Cube), mieux réputé, mais devinez quoi : je ne suis même pas parvenu à récupérer quatre Wiimotes. S’il y a peu d’espoir que ce neuvième (seigneur) épisode soit l’Ultime Version, j’ai toutefois plus de chances de me le procurer que, disons, The Last Story. Ou bien l’autre, là…
  • Pandora’s Tower (Ganbarion/Nintendo, un jour dans l’année soi-disant) : j’ai jugé un peu hâtivement ce jeu à son look convenu. Il semblerait qu’il ne s’agisse pas tout à fait d’un JRPG mais d’un action-RPG, un genre de jeu que je peux parvenir à terminer avec un peu de motivation. La mention de la transformation de l’héroïne (c’était bien une fille après tout) en un monstre hideux façon Akira a piqué ma curiosité. Pour des motifs insondables, ce jeu nippon aura donc droit à une sortie européenne sans version américaine, tandis que Project Zero 4, Reginleiv ou Captain Rainbow demeurent aux abonnés absents.
  • Beat the Beat : Rhythm Paradise (SPD Group n°1/Nintendo, un jour) : ce jeu s’annonce au moins aussi chouette que son prédécesseur sorti sur DS en 2009, lequel était une variante vaguement musicale de WarioWare par les mêmes développeurs. Par contre, ne vous attendez pas à un party game de la trempe des WarioWare de salon : ici, le mode multi n’est que pour deux.
  • Rodea the Sky Soldier (Propre/???, en fait ptet qu’il ne sortira jamais chez nous) : c’est le dernier Yuji Naka, et ce ne sera pas une collection de mini-jeux, ni un mini-jeu tout court. A priori on s’en tape, mais considérez ceci : et si ce jeu s’avère moins bien que Sonic Generations ? Ça ferait un bon troll pas vrai ? Et vous imaginez si Rodea s’avère moins bien que…
  • Sonic 4 épisode 2 (Dimps ?/Sega, qu’est-ce qu’ils ont bien pu foutre l’an dernier ?) : mais il y a peu de risques. En dépit de son succès commercial, Sonic 4 épisode 1 ne méritait pas son glorieux numéro - je vous en reparlerai ici après en avoir fini avec Skyward Sword. Il en faudra plus pour m’impressionner cette fois-ci, Sega.
  • La-Mulana (Nicalis, dans pas trop longtemps) : après Cave Story, voici un autre jeu gratuit sur PC refait, en soi-disant plus facile - l’original ferait passer Mega Man 9 pour un spin-off de Léa Passion. Et tout comme Cave Story, c’est à vous d’estimer si cette noble entreprise mérite vos sous. Ou alors vous pouvez attendre qu’ils le mettent dans un Humble Bundle, ahum.

Je voue prie de croire que c’est là tout ce qu’on aura. Je pourrais parler des jeux Wii U attendus au lancement de la machine (qui devrait également survenir cette année), mais devinez quoi, il n’y en a pas, ah ah. Enfin si, Darksiders II et Ninja Gaiden 3, mais bon, ils seront certainement sortis sur les autres consoles avant. Allez, bonne année messieurs-dames monsieur Alba !

…la nouvelle version ? Quelle nouvelle version ?

jeudi, 24 novembre 2011

Premières impressions confuses sur Zelda Skyward Sword

Je sais, ça doit vois faire une belle jambe de lire des “premières impressions” sur un jeu que tous les pros ont déjà testé, mais bon, si vous connaissez la maison, vous savez qu’on n’en est pas à un retard près. Et encore, je trouve qu’à une semaine d’écart, pour une fois, on ne s’en tire pas trop mal ; mais je m’égare.

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Tétanisé par la peur d’entendre la voix de Julien Chièze (ou qui que ce soit d’autre) me souffler son avis dans ma tête pendant que je joue, j’ai suivi la Voie du Fanboy et me suis interdit toute preview, review ou apparenté, ce qui devrait en théorie garantir l’authenticité de mon appréciation. À titre de comparaison (et attendez-vous à voir beaucoup de “titres de comparaison” dans cet article), j’avais lu tout ce qu’il était possible de lire sur Twilight Princess avant d’en rédiger la chronique amère que vous pouvez trouver ici. Et puis j’étais jeune, j’avais du temps libre et tout et tout… bref : dans le (très long) billet qui suit, je vais donc m’exprimer au conditionnel et abuser des “a priori” et “pour le moment, il semblerait que”, ignorant sincèrement tout ce qui m’attend au-delà de mes quinze heures de jeu. Ça fait tout de même deux donjons et le temps de trouver l’entrée du troisième, plus deux-trois petites quêtes annexes à côté et un peu de flânerie dans le village de Célesbourg, pas mal quand même non ?

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Commençons par les trucs de fans hautement subjectifs : le scénario, l’ambiance, tout ça. Vous le savez sans doute déjà, mais ce Zelda, préquelle de tous les autres Zelda sortis jusqu’alors - faut bien faire vendre le dernier bon jeu de la Wii - s’attaque à une question majeure de vexillologie hylienne que personne ne s’était posé jusqu’alors : l’origine du symbole d’oiseau qui figure sur le logo du jeu, et sur les armoiries de la monarchie qui vous fait trimer à l’œil pour défendre ses intérêts nébuleux depuis vingt-cinq ans. Au stade du jeu où je me trouve, aucune explication formelle n’est donnée, mais le fait que plein de types déguisés en Link multicolores se baladent sur d’immenses oiseaux ne laisse guère de doute à ce sujet. Voilà l’enjeu scénaristique ; comme toujours en jouant à un Zelda 3D, même en devinant les prémisses de l’histoire, j’ai la fâcheuse tendance d’espérer un revirement bigger than life, une grosse surprise qui m’apprendrait qu’en fait je n’ai exploré que 25% de la carte, ou qu’il existe un monde parallèle avec plein de quêtes différentes, ou qu’il y a dix donjons hardcore super bien cachés à débloquer… Foutez-vous de ma gueule si ça vous chante, mais les habitués me comprendront, et Twilight Princess s’était déjà rendu coupable de promettre plus qu’il n’en apportait, avec son grand overworld tout vide. J’y reviendrai au moment de parler gameplay.

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Le scénario nous promet donc des révélations épiques, tout un moins un développement un peu plus corsé que “vous êtes dans un joli village, votre copine se fait enlever, partez la sauver sinon c’est la fin du monde”… bien qu’il ne s’agisse pour l’instant que de cela. Pour autant, j’en suis bien plus satisfait que des débuts de TP, situés sensiblement dans la même veine. C’est simplement mieux fait, pour au moins une raison très simple : le jeu réhabilite l’humour dans ses dialogues, un humour moins coincé que TP qui se prenait beaucoup trop au sérieux, et même un peu plus subtil que Wind Waker. Le tout reste adressé aux enfants, bien entendu, mais voir Zelda et l’autre armoire à glace (ils ont tous des noms, mais je ne les connais pas encore très bien - là aussi, progrès par rapport aux passants à usage unique de TP) se chamailler est nettement plus satisfaisant que le vieux copain bizarre de l’intro de TP qui divague assis au bord de l’étang avec vous. D’ailleurs entre nous, dans TP il ne s’agissait pas tellement de “vous”, mais aussi du modèle 3D minaudant que la moitié des joueurs baptise Link : eh bien, là aussi, Nintendo a semble-il compris que les plans prolongés sur le visage du protagoniste muet cassent plus l’immersion qu’autre chose. Link est toujours expressif, mais il semble moins penser à la place du joueur. Ou, peut-être est-il plus en accord avec l’idée que je me fais du personnage, toujours-est il qu’en regardant les cinématiques, assez nombreuses il faut l’avouer, j’ai plus souvent souri bêtement (comme devant Wind Waker à l’époque) que fermé les yeux en anticipation du facepalm imminent (comme devant TP). Et rien que ça, c’est plutôt cool !

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Les autres aspects liés à l’ambiance, outre ceux que vous pouvez juger sur pièce en allant sur Youtube (trop top les graphismes, trop bath les musiques), sont directement liés au gameplay, et on touche là à l’indicible frisson du gamin qui découvre Ocarina of Time en 1999, au “truc” qui anime tous les fans de Zelda 3D en dépit des quolibets des vrais RPGistes, à ce que j’ai pu ressentir fugacement en prenant le large dans WW ou en sortant de la forêt dans TP. On peut approximativement définir ce sentiment confus comme “la sensation de liberté”, bien que l’appellation est probablement abusive. Peut-être est-ce simplement l’idée qu’on va débarquer dans un grand espace rempli d’énigmes à résoudre, d’ennemis à rosser et d’indices mystérieux qui renferment des niveaux cachés, avec encore plus d’énigmes, d’ennemis, et de belles choses à voir. Peut-être est-ce, finalement, une sensation facile à susciter ; il suffirait d’un grand champ s’étendant à perte de vue, d’une montagne ou d’un grand bâtiment au loin, et d’un cheval sous le fion pour dévorer tout ça l’esprit confiant.

Mais après avoir fini quelques Zelda 3D, on prend de la bouteille, et on distingue mieux les ficelles qui meuvent ce genre d’artifice, le quadrillage sur la carte, les couloirs entre le point de départ et celui d’arrivée (comprenez : entre le village et le donjon) ; et le mirage peut alors s’effondrer. Après la déception relative de TP et cinq ans d’une next-gen à laquelle Nintendo n’est toujours pas passé, ce mirage se serait-il détruit pour de bon dans mon petit cœur de fanboy ? Pour ce que Skyward Sword m’a donné à voir (et je l’avais un peu pressenti en essayant vite fait les épisodes DS auparavant), il semblerait que Nintendo ne s’en préoccupe plus tellement. Lâché crûment : il n’y a plus d‘overworld dans Skyward Sword.

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Enfin si, il y en a un, mais franchement (et encore une fois, sous réserve d’une surprise qui a intérêt à être grosse), ce n’est qu’un océan à la Wind Waker qu’on aurait rétréci et vidé de quasiment toutes ses îles. Outre Célesbourg, qui est bien parti pour être l’unique village du jeu (en tout cas, j’y ai trouvé plus à faire que dans toutes les villes fantôme de TP réunies - cela dit ce n’est pas non plus le Bourg Clocher de Majora’s Mask), les autes îles flottantes sont en fait des récifs, à l’exception de trois-quatre lopins pouvant receler des mini-jeux ou des PNJ. Le truc, c’est que la quête principale démarre avec un trou “vert” dans les nuages, où se trouve le premier donjon et le couloir qui le précède, logiquement. Quand vous avez fini avec cette zone, un deuxième trou “rouge” s’ouvre, avec le deuxième donjon en-dessous… vous voyez le topo : le vrai overworld du jeu est en fait une série de zones étanches, sans interconnexion à l’heure actuelle - et s’il y en a, elles se borneront à des petits corridors. On peut arguer qu’en virant tout l’espace inutile de TP et même des autres Zelda 3D, on en arriverait également à une telle configuration ; néanmoins, ceux qui s’attendaient à une grande carte organique à la A Link to the Past (soyons fous) ne trouveront pas leur compte.

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À partir de là, je vais être plus évasif, sentant que ce que je vais aborder empiète sur la future chronique du jeu. Les phases pré-donjon, les fameux “couloirs” sus-évoqués, perdent en “sensation de liberté” ce qu’elles gagnent en densité : ces zones sont riches en éléments de décor, en petits ennemis et en PNJ (vous découvrirez à cette occasion de nouvelles races au look plutôt sympa). On y trouve même des murs fissurés, un grand classique de la série qui provoque toujours une satisfaction compulsive quand on les explose pour voir ce qui se cache derrière (même si c’est juste quelques rubis). Quand vous débarquez dedans, même si un semblant de tracé linéaire s’offre à vous, il vous faut tout de même, la plupart du temps, tâcher de comprendre par où passer, revenir sur vos pas, consulter la carte pour appréhender le terrain, voire même causer aux PNJ pour savoir quoi faire - alerte spoiler, en général ce sera partir faire une fetch quest à la recherche de trucs perdus. Ca peut paraître un peu chiant dit comme ça, mais en ce qui me concerne, ça m’a d’ores et déjà plus amusé que de déambuler en mode automatique de village en donjon dans les champs vides ou les couloirs mornes de TP (ce col de la montagne, c’était un peu nul quand même). En fait, je crois que ça fait vraiment longtemps que je n’avais pas eu à réflechir comme ça dans un Zelda.

Et de la même manière, ça faisait un sacré bail que je ne m’étais pas farci cinq Game Over d’affilée devant le premier boss du jeu ! Car la vie (qui se divise en demi-coeurs et non plus en quarts) descend vachement vite dans ce jeu, pas autant que dans les épisodes 2D mais pas mal quand même. Vous aurez deviné que le maniement de l’épée au MotionPlus en est la cause principale, mais je n’insisterai pas là-dessus pour le moment. Ce genre de difficulté est plutôt bienvenue au cours de cette première phase de jeu, car il faut bien l’admettre, les deux donjons que j’ai torchés étaient oubliables :tous petits, classiques et réchauffés (on reconnaît des éléments de décor de TP et WW à peine relookés), sans la moindre surprise pour le routard des Zelda, donc sans grand intérêt. C’est pour l’instant le point noir du jeu, que je soupçonne par ailleurs de compter moins de donjons que son prédécesseur ; j’espère donc que les choses deviendront plus palpitantes, et que les promesses de Nintendo de flouter la frontière entre les donjons et le reste du jeu trouveront une exécution concrète. Une dernière remarque avant le mot de la fin : là aussi, pour la première fois depuis longtemps, j’ai eu l’occasion de dépenser les centaines de rubis que le jeu distribue allègrement dans des achats judicieux, et partir avec une potion en poche est redevenu une chose à prévoir pour espérer survivre, même si le Game Over n’a pas l’air réellement pénalisant pour le moment.

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Pour clore ce baratin que vous avez eu le courage de lire en ent… que vous avez intelligemment sauté jusqu’à ce dernier paragraphe, voici un conseil à ceux qui préfèrent attendre Skyward Sword pour Noël : essayez Star Fox Adventures. Je sais, c’est n’importe quoi comme conseil à première vue, mais quitte à comparer la formule Zelda (quasi-immuable jusqu’alors) avec ses suiveurs, autant jeter un oeil à ce jeu certes raté sur pas mal de points, mais qui présente l’intérêt d’avoir tenté, comme Skyward Sword semble le faire à son tour dix ans plus tard, de rendre la formule plus condensée, avec des petites zones pré-donjon pleines de PNJ et de trucs à faire, et même (chose que SS n’a pas encore pour l’instant) des donjons à l’aspect plus organique qu’un simple assemblage de pièces cloisonnées. Je n’ai pas gardé un très bon souvenir de ces derniers, mais c’était il y a dix ans, et y rejouer aujourd’hui serait certainement instructif. Comptez pas sur moi en tout cas dans l’immédiat, j’ai ce Zelda à finir, et je vais un peu manquer de temps dans les jours à venir. D’ici là, Wii-Tonic en sera certainement revenu à son rythme de publication habituel.

mardi, 7 juin 2011

Alors, il était comment ce café ?

Un peu brûlant. Je vais vous résumer ça malgré les boutons sur ma langue, on en reparlera peut-être à froid.

Ainsi donc les rumeurs disaient vrai. Elles parlaient d'une nouvelle machine au niveau des PS360 et d'une nouvelle manette-écran, hybride entre le Classic Controller et un iPad ; c'est exactement ce que Nintendo a montré. Elles suggéraient une avalanche de portages pour se mettre à jour de la concurrence, et c'est ce à quoi on a assisté. Elles avaient anticipé l'absence de multi-touch, de disque dur et de Blu-Ray, et à en croire les premiers détails, c'est tout à fait ce qu'il va se passer. La Wii U correspond en tout point à ce que 01.net et ses suiveurs avaient teasé. Et quelques minutes avant la conférence, l'attente sur NeoGAF (et sans doute ailleurs) était extatique.

Alors pourquoi les fans crient-ils au "worst E3 ever" à l'issue de cette conférence qui a pourtant tout confirmé ou presque ? À cela, plusieurs raisons.

Tout d'abord, Nintendo, en se concentrant pendant la moitié de la conférence sur la 3DS, la console que les gens n'ont pas encore envie d'acheter (et encore moins depuis que la PlayStation Vita a été annoncée au même prix la veille), a montré à cette occasion un vieux visage grimaçant bien connu des détracteurs : non pas celui de Cammie Dunaway et sa cohorte de familles idéales qui ne veulent jouer qu'à Wii Fit, mais celui du vieux constructeur pour fanboys spécialiste du surgelé. Ainsi, on a vu défiler un énième Mario Kart, un énième Smash Bros., un Super Mario qui ressemblait furieusement à un énième Mario Galaxy, un énième remake (Lylat Wars), d'énièmes quasi-portages (Excite Bike - merci, on était déjà au courant -, Zelda GB), et une suite à l'utilité douteuse d'un jeu sympa mais sans plus, Luigi's Mansion 2. Seul ce dernier était une vraie surprise, tous les titres précédents avaient été annoncés plus tôt. Dans la foulée, on avait Kid Icarus comme unique jeu original, mais les trentes secondes aperçues ne laissaient rien entrevoir de fondamentalement original : un shooter nerveux certes, mais au décor "God of War pour enfants" et au voice acting apparemment très présent, ce qui n'est pas une bonne chose dans un jeu Nintendo depuis Metroid Other M. La rédemption aurait pu venir de Zelda Skyward Sword, un jeu plein de promesses de remaniement de gameplay ; las, trente secondes seulement seront dévoilées au tout début de la conférence, et la Wii ne sera plus jamais mentionnée par la suite.

Ensuite, et c'est probablement là le plus gros souci, les défauts de la Wii U elle-même sont apparus nettement au cours de cette conférence qui n'a pas su les contrecarrer avec de meilleures annonces. Les rumeurs disaient vrai : la Wii U est bel et bien... une PS360. Tout ça pour ça ? Cette console existe depuis déjà six ans. À part gérer les Wiimotes et une tablette fournie par défaut, la machine se positionne exactement là où se trouvent ses concurrentes, munies du Kinect, du Move et dans le cas de Sony, d'une PSVita aux capacités qui pourraient presque émuler celles de la fameuse tablette, à ceci près que la Vita est une vraie portable, elle. Vu d'ici, la manette "innovante" de Nintendo n'a l'air d'être qu'un accessoire de plus, tout juste bon à afficher une balle de golf par terre (qui veut rejouer à Wii Sports ?) où à faire vider les porte-monnaies des pauvres hères qui voudront jouer à Mario Party 10, le 9 semblant être annoncé sur Wii par ailleurs à l'heure où je rédige ce billet.

Cette mauvaise impression qu'à suscité la Wii U aurait pu être évitée très simplement : par des jeux Nintendo, la seule véritable raison pour laquelle nous achetons Nintendo. Et à cette conférence, il n'y en avait pas. À la place, on nous a annoncé un enième Smash Bros. (oui, avec celui de la 3DS ça fait deux), une démo non jouable digne des premières annonces de la GameCube et une scène de Zelda Twilight Princess en HD (qui veut rejouer à Twilight Princess ?). Nintendo a sans doute cru la masse de fans qui voulaient les voir suivre le mouvement, rentrer dans le moule et laisser les tiers faire le boulot. Mais auraient-ils pu anticiper que cette vision ne serait pas aussi agréable aux yeux des gamers qu'ils ne l'auraient cru ? Les premiers retours sont éloquents, mais ils ne sont que les premiers retours, et ordinairement, Nintendo garde une partie de ses annonces sous le pied pour les distiller à travers son site officiel tout au long de l'E3. Il n'empêche, pour un changement de génération attendu depuis 2006, Nintendo n'est pas parti sur un bon pied. Et il ne faut pas que Nintendo ne devienne que l'ombre de ses voisins ; ils l'ont déjà fait par le passé et cela ne leur a pas réussi.

P.S. : La bonne nouvelle c'est qu'on n'aura pas à changer de nom, en fin de compte. À ce propos, on prépare un nouveau design pour le site, vous nous en direz des nouvelles

vendredi, 13 mai 2011

Ubi a tout compris au projet Café

Ils font faire des portages de PS360 ! Comme ça, si vous ne pouviez plus supporter de ne pas pouvoir jouer à Prince of Persia (5 euros sur PC l'autre jour à l'affnaque), à un Tom Clancy ou à Assassin's Creed 2, soyez-en réjouis ! Enfin, vous pourrez jouer à ces chefs d'œuvre trois ans après tout le monde. Voire quatre ; d'ici 2012, ça va prendre du temps. Et bien entendu, si les concurrents décident de sortir leurs propres machines dans l'intervalle, ce sera 2006 all over again. Merci de soutenir les Nintendo, m'sieur Guillemot !

jeudi, 5 mai 2011

Mais toujours du bon côté !

Les derniers propos de Reggie dissipent tous les doutes restants sur l'inévitable retournement de veste dont va nous gratifier Nintendo en juin prochain à l'E3 : Quand nous lancerons notre nouvelle console courant 2012, nous pensons que l'acheteur aura l'air très différent que celui qui va acheter une Wii dès maintenant. C'est donc quasi-certain. Nintendo veut nous faire du HARDCORE. Alors chiche, soyons HARDCORE nous aussi ! Et plutôt que de causer GTA ou Kalof, on va être raffinés et parler d'un développeur qui n'a jamais rien sorti sur les Nintendo, et surtout de son dernier jeu en date : Portal 2. Ben ouais, il fallait bien que je me soulage après Other M !

Puisque tout le monde a dit du bien sur ce jeu, intéressons-nous à ceux qui en ont dit du mal. Il y en a eu ! Gamekult a essayé mais s'y est pris n'importe comment. Yahtzee, dont vous savez que je suis assez fan, s'en est mieux tiré (plus expéditif, mais marrant comme à son habitude). Et puis y'a cet article de trois pages dans Ars Technica qui approfondit un peu les choses, et après je me suis arrêté là parce que j'avais trouvé ce que je cherchais : des reproches au jeu que je pouvais comprendre, avant de juger qu'ils ne sont pas si graves que cela, que le journaliste les a trop exagérés et que du coup c'est moi qui ai incontestablement raison. À mon humble (mais supérieur comme je viens de le démontrer) avis, Portal 2 c'est le Terminator 2 du jeu vidéo. Un titre différent de son prédécesseur parce qu'il ne pouvait faire autrement, sans doute plus accessible aussi, mais avec plus de budget, plus d'action, de développement scénaristique, et l'esprit de l'original qui demeure cependant présent. Bref, c'est tout simplement plus de fun !

Portal 1 garde la palme du huis-clos aussi hilarant qu'inquiétant, du scénario le plus simple et le plus efficace, avec cette narration qui a surpris tout le monde à l'époque et qui, j'en doute pas une seconde, surprend encore ceux qui n'y avaient toujours pas joué. Mais Portal 2 ne pouvait nous refaire le coup du face-à-face entre le joueur et la Voix, il ne pouvait nous narguer à nouveau avec ses vitres dépolies derrière lesquelles nulle âme qui vive, ses scribouillages posthumes, ses manifestations de démence humaine là où il n'y a plus d'humains. Valve a donc bien compris qu'il fallait s'aventurer sur d'autres terrains narratifs, et franchement, irions-nous prétendre qu'ils auraient pu faire mieux ? Portal 2 fait déjà mieux que tout ce que j'ai pu essayer parmi les sorties de 2011.

alésia glidewell

Pardon, vous dites, les puzzles ? Moins bien, trop faciles ? Bah euh, je m'attendais pas à du Roberta Williams non plus, hein. Et puis d'abord, ce ne serait pas parce que parce que vous avez joué à Portal 1 avant et que ça vous a aguerri que vous dites ça (je sais, je sors ce prétexte tout le temps) ? Yahtzee nous dit que les "vrais" puzzles sont dans le mode co-op. Mais j'ai qu'un pauvre PC moi, d'ailleurs je ne joue même pas sur mon propre PC, or je veux jouer avec un pote dans la même pièce ! Voilà, à la rigueur, une utilité à une console HARDCORE de chez Nintendo : sortez donc Portal 2 dessus, avec ses fameux DLC gratos !

Quoique, allez savoir. Valve est quasiment un constructeur virtuel maintenant. J'ai été obligé de télécharger leur console gratuite pour pouvoir jouer à leurs exclus. Ils n'ont plus qu'à mettre leur gros DRM dans une machine dédiée, avec l'interface adéquate, et le tour est joué. De là à faire de ce site Steam-Tonic, il y a un pas que je ne franchirai pas de sitôt : j'ai toujours un gros Yoshi en plastique perché au-dessus de mon écran. Et celui-là, il n'est pas prêt de devenir HARDCORE !

Ah oui, j'oubliais : spoiler alerte ?! Mais là je pense qu'il y a prescription. Si vous n'avez pas encore joué à Portal 2, c'est que vous devez upgrader votre PC (et utiliser des pilotes proprios : mais hey, c'est un jeu vidéo !).

Post-écriteume : une recherche Google plus tard, je m'aperçois que ma subtile comparaison a été reprise par un site de jeux vidéo réputé.