Ouaip, le mois prochain, Wii Music sort chez nous. La date est tombée, accompagnée d'un communiqué de presse absolument imbitable ; on croirait lire ceux qui jadis déroulaient en grande pompe les "features" infinies de la Phantom. "Piano, cithare, beatbox et même des aboiements de chien !" Eh oui, chez Nintendo ils osent tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît.
Sorti au Japon hier tout juste, à l'heure où je rédige cet article, Wii Music est désormais quelque chose de tangible, de palpable ; c'est sans nul doute le blockbuster sur lequel Nintendo parie tout en cette fin d'année. Donc, malgré la sortie de plein d'autres jeux d'ici le 14 (notamment DIsaster Day of Mépris, le 24 octobre), et même des putains de gros titres sur les autres consoles (Little Big Planet ça vous dit quelque chose ?), il convient ici de faire le bilan, avant que la cacophonie devienne assourdissante et que les médias généralistes nous torturent à coups de charts japonais hebdomadaires et d'extraits du JT de Pernault avec Henriette et Bertrand découvrant les joies du simulateur de triange en maison de retraite.
Rappelons la dure réalité à l'heureux casual qui ignore l'usage de l'Internet (si, tu l'ignores, connard) : Wii Music est à cette deuxième moitié de l'année 2008, ce que Wii Fit était à la moitié précédente, et même un peu avant : le running gag le plus lourdingue du web vidéoludique. Et je dis pas ça à force de lire Gameblog, les "c'est donc ça ?" et autres jeux de mots à base de "tiépi" dont la rédaction est si friande dès qu'il s'agit de Wii en général, et de ce jeu en particulier. Dans ces conditions, opérer un post-mortem du buzz Wii Music paraît délicat, à supposer même qu'il y ait eu un buzz digne de ce nom pendant tout ce temps : en gros, à part les exceptions dont je vous parlais l'autre jour et quelques autres qui m'ont probablement échappé, le titre n'a suscité que propos hargneux et éclats de rire narquois, voire couinements de consternation. Plutôt mal barré pour la répute du blockbuster de Noël, non ?
Voyons ce qu'il s'est passé avec Wii Fit quelques mois plus tôt : le buzz n'était pas davantage tendre avec ce titre, qui avait au moins le mérite d'afficher des fonctions "utilitaires" plus évidentes que dans Music. À sa sortie, que s'est-il passé ? Eh bien, comme un vulgaire jeu tiers sur la même console, personne n'en a réellement parlé. Certains se sont défilés derrière d'obscurs prétextes, d'autres ont fait mine d'avoir compris de quoi il en retournait, en chattant une demi-heure sur leur bogossitude tout en s'échangeant des sourires complices ; mais en fin de compte, personne n'y a vu matière à causer très longtemps, où à démontrer par A plus B que Nintendo venait d'accoucher de l'Antéchrist vidéoludique, comme tout le monde ou presque le beuglait depuis l'E3 2007. Comme ça, plus de problème, on pouvait passer à autre chose et descendre Mario Kart Wii en flammes, ce qui est autrement plus convaincant dans le cadre d'une réthorique axée sur le Déclin du Jeu Vidéo et Ses Odieux Responsables. C'était bien tenté les enfants, mais pour Wii Music, ça ne se passera pas comme ça. Vous avez entendu ce qu'a dit le monsieur ? Même papa Miyamoto, le Spielberg des jeux vidéos, et qui oserait prétendre le contraire sérieusement aujourd'hui, nous dit qu'on tient là son magnum opus, l'oeuvre de toute sa vie. Comment ça, Spielberg en dirait autant d'Indy 4 ? Ne foutez pas la merde dans mon raisonnement, je vous en prie.
Impossible de se dérober à présent, d'invoquer la force tranquille, le dormeur qui doit se réveiller, les artisans du jeu passés sous silence par Cammie Dunaway , ou que sais-je encore. Les plus grandes pontes de Nintendo, à commencer par Miyamoto et l'autre papa de ce Wii Music, Kazumi Totaka (et c'est pas une merde ce gars-là), font la farandole autour de leur bébé, qui n'est plus un entraînement de cerveau ou je ne sais quel logiciel pour seniors européens, mais qui se veut le gros de la ludothèque Wii, le porte-drapeau de l'identité de la console. En doutiez-vous encore ? Le mythe de l'"annonce gamer" aura pourtant duré. Il faudra bien se faire une raison : si vous n'aimez pas Wii Music, mieux vaut ne pas attendre trop longtemps Twilight Princess 2.
Forcément, vu sous cette angle, la date du 16 octobre - hier quoi, la sortie japonaise - fait figure de couperet. Ça passe ou ça casse, et si ça casse, ça va donner dans le Michael Bay : imaginez, le chef d'oeuvre de Shigeru Miyamoto universellement reconnu comme la daube du siècle, pire, le péril de l'industrie ! J'ai envie de dire qu'on en rigolera bien le jour où les DRM nous domineront et le développement libre sera étouffé dans l'oeuf une bonne fois pour toutes, mais ce serait faire preuve de mauvaise foi. Donc, Wii Music est là et il va falloir réellement dire ce qu'on en pense, qu'il s'agisse d'une raison valable de tolérer l'existence de la Wii ou bien de la fin des haricots pour la génération NES. Le ballet des critiques a déjà commencé, et de façon assez ébouriffante : 1up a trouvé ça bien ! Pour mémoire, 1up c'est le site affilié à EGM, où un blaireau a jugé utile de descendre en flammes Endless Ocean sous prétexte qu'il n'y avait "pas de barre de vie", vous apprécierez le niveau. On prendra toutefois cet avis avec des pincettes : vu le laps de temps séparant sa publication avec la date de sortie du jeu, m'est avis que la demoiselle n'y a pas joué très longtemps.
Je sais ce que vous allez me dire, après ce pavé de baratin : on veut les faits bordel. C'est bien ça le plus dur avec Wii Music : sur le papier, le concept du jeu paraît bancal et l'intérêt en est même incompréhensible. Essayez de lire la dépêche que j'ai cité plus haut pour voir ! Tout ce que que je peux vous montrer que Wikipédia n'explique pas mieux que moi, ce sont ces artworks censés figurer les soixante instruments du jeu (bien qu'il y ait des doublons), et cette vidéo extraite du Zeitgeist Google Partner Forum 2008 (non, moi non plus je ne sais pas trop ce que c'est), où un mec de NOA fait un démonstration devant un public n'ayant visiblement jamais joué à un jeu vidéo. Sorti de là, je manque hélas de tout ce qu'il faudrait pour babiller : j'ai pas trouvé de hands-on sur un site sérieux, je n'ai aucune compétence de musicien, je n'ai jamais touché à Wii Fit... Tout juste puis-je préciser que les précédentes expériences en matière de jeux "musicaux" chez Nintendo m'ont beaucoup plu, qu'il s'agisse du cultissime éditeur de partitions de Mario Paint, du séquenceur Trippy-H inclus avec la Game Boy Camera, ou encore d'Electroplankton sur DS - mais je doute qu'un rapprochement pertinent puisse être fait avec Wii Music.
EDIT ! MTV Multiplayer propose son explication du gameplay, précisément intitulée "I Think I Finally Get It". Tout à fait dans les cordes de cet article.
Alors, les hardcore gamerz' vont-ils tous mourir le 14 novembre, ou bien tout le monde était-il des kilomètres à côté de la plaque ? Comme dirait la nana du planning familial, YOU DECIDE.

Il s'agit de Manhunt 2. Il y a quelques jou... quelques m... l'an dernier, j'ai titré un article "Rockstar-Nintendo, un mariage plutôt bullaire" en réponse à un Alba plutôt dubitatif sur l'arrivée de Rockstar et de sa horde de fanboys Jackyfiants sur le petit carton blanc. À l'époque, mon prétexte c'était "vive les jeux qui ont des couilles". Je venais de sortir de GTA San Andreas, un très bon jeu (je le mantiens), mais à l'univers finalement bien emprunté, me dis-je avec le recul. Et puis je prenais Manhunt 1 pour une expérience incomprise. Quelques temps après ce billet, j'ai eu l'occasion d'en remettre une couche sur le (désormais disparu) fauxrhum pas vraiment Tonic, en réaction à la débauche de gloussements de pucelles effarouchées, elle-même faisant suite à l'annonce de Manhunt 2 sur Wii.
Et puis, en surveillant les retours des censeurs et autres Jack Thompson (une
Question à deux cent quarante-neuf euros, que va t'il se passer d'ici Noël ? La Wii va s'arracher ? Pas mal Henriette, que proposez-vous de votre côté, Bertrand ? Les éditeurs tiers ? Oui, ça fait un an qu'ils sont enthousiastes, bien relevé Bertrand, et vous dites ? Ils préfèrent quand même bosser leurs gros titres sur PS360 ? Ah pas con du tout ça Bertrand... ah te voilà bien niquée Henriette, là tu sais plus quoi dire ! Quoi ? "Où êtes aine scie" ? De l'anglais ? Mais t'as appris l'anglais avec ta DS Henriette ou quoi ? Comprends rien à c'que tu dis là ...
Évidemment, après cet apéro à la température douteuse, on se donne rendez-vous pour une pinte bien à froid, elle. D'ici quelques jours, le temps de se reposer, de finir Sin & Punishment, tout ça...